Au détour d'une balade : rencontre avec des habitantes de la Côte des Roses

De Wikithionville
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Le 30 septembre 2015, une Balade Urbaine Numérique était organisée par le Centre "Le Lierre" sur le quartier de la Côte des Roses à Thionville, en partenariat avec la Maison de Quartier et le CAUE 57. Une quinzaine de personnes ont accompagné Guénaëlle, médiatrice au CAUE 57, pour découvrir avec elle le quartier et son urbanisme. A l'issue de la balade, les participants ont pu échanger autour d'un verre et se sont retrouvés une semaine plus tard pour un atelier de restitution au Centre "Le Lierre".

La Balade a été l'occasion de découvrir plein de choses sur le quartier, de prendre le temps de le parcourir à pieds, et de vraiment découvrir la Maison de Quartier : ses locaux, ses animateurs, ses adhérents. L'atelier de restitution, lui, a permis de nouer des contacts entre les personnes du quartier, qui étaient invitées à donner leur point de vue sur leur environnement.


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Voici ce que nous racontent certaines des habitantes:


Madame D. habite rue de la Perdrix, dans le quartier de la Côte des Roses. Avant ça, elle occupait un logement rue Sainte Barbe, près du Centre de loisirs les Epis d'or. Elle a déménagé il y a 2 ans, suite à des soucis de voisinage et à un problème de fuite récurrent qui ne se réglait pas. En tout, cela fait 6 ans qu'elle habite le quartier. C'est elle qui a voulu rester là, notamment pour demeurer auprès de sa mère qui habite rue de la Bécasse. Elle est très bien dans son nouveau logement, dans un HLM qui appartient à l'OPH de Thionville. Elle a retrouvé le même type d'appartement que le précédent, afin de pouvoir accueillir, si nécessaire, sa fille de 22 ans qui habite pour l'instant à Yutz. Selon Madame D, quelques améliorations pourraient être apportées. Il faudrait améliorer la façade, les fenêtres qui lui semblent vétustes et dégradées à cause du temps qui passe et des intempéries. Comme beaucoup d'habitants, c'est le problème des poubelles laissées sur le trottoir qui lui est pénible : pour elle, les installations sont correctes, mais c'est le comportement des gens qui pose souci. Elle a averti son bailleur qu'un de ses rebords de fenêtre était fendu, et il est prévu que cela soit rénové lorsque l'isolation sera refaite. La rénovation de ces bâtiments est prévue.

Dans ses déplacements quotidiens, Madame D. utilise l'autobus, notamment pour faire ses courses. Les transports en commun sont très fonctionnels. La Maison de Quartier, ça lui plaît bien, ça lui permet de sortir de chez elle. Elle y fait de la danse, de la cuisine, elle se rend aux cafés-partage les mercredis matins, pour parler. Elle dit que c'est une sorte de « café clatch », et explique que ça permet de discuter, d'échanger sur des sujets d'actualité, ou en fonction des actualités, de ce qui se passe à Thionville. Tout lui plaît : les animateurs, les personnes qui fréquentent les ateliers. Elle a commencé à fréquenter la Maison de Quartier il y a moins d'un an. Tout a commencé avec l'atelier couture.

Lorsqu'elle évoque les rénovations ayant déjà eu lieu dans le quartier, elle dit que pour elle, cela n'a pas fait beaucoup de différence. Lorsqu'on lui demande ce qu'elle souhaiterait, elle répond qu'elle aimerait que le quartier soit un peu plus aéré et qu'il y ait plus de verdure. De son balcon, elle voit les jeux avec les enfants ; une préado faisait rebondir le ballon sur son paravent. L'aire de jeux n'est pas assez grande, surtout pour ceux qui veulent jouer avec des balles et ballons. Il faudrait un terrain adapté pour ces jeux-là. Le fait de devoir aller dans d'autres quartiers pour trouver des commerces n'est pas un problème pour elle : ça lui donne l'occasion de sortir, d'aller ailleurs.

La Balade Urbaine Numérique était agréable, ça lui a permis d'en apprendre plus sur le château Saint-Anne qu'elle connaissait déjà. Lors de l'atelier de restitution, sur son dessin d'un immeuble, elle a ajouté des fleurs aux fenêtres, et beaucoup de couleurs. Comme on lui a dit de ne pas mettre son linge à la fenêtre, elle a placé un fil à linge sur le toit, ce serait pour elle le plus pratique !


Madame M. réside quant à elle chemin Saint Anne, à la Maison relais Pension de famille. Ce mois-ci, cela fait 3 ans qu'elle y habite ! Avant, elle habitait Rue de la Libération, dans le même quartier. Après un surendettement, elle n'arrivait plus à payer son loyer, donc son assistante sociale lui a proposé de faire une demande pour la Pension de famille, et a déposé un dossier pour elle. Les démarches ont pris au moins 6 mois, c'était long, surtout parce qu'elle était très impatiente ! Son logement actuel est un petit studio de 27m2 au 1er étage. Dans l'idéal, elle aurait aimé avoir une pièce supplémentaire, pour avoir une « vraie chambre ». Le logement est très bien, malgré un début d'humidité qui a d'ores et déjà été examiné par des spécialistes.

L'ambiance à la Pension est très bien, on leur y propose des activités, ils y prennent des repas en commun. Tout le monde se connaît, tout se passe bien, c'est comme « un petit quartier à l'intérieur du quartier ». L'environnement lui convient bien parce qu'il y a beaucoup de la verdure, la vue est très agréable. Elle s'y est fait une amie au mois de décembre de l'année de son arrivée. Elles se sont connues par l'intermédiaire de quelqu'un qui y habitait déjà.

Elle se déplace en voiture, surtout pour aller faire ses courses, ou aller voir ses amis à Metz. Elle voit le quartier, l'observe depuis la Pension de famille ou lorsqu'elle sort et le traverse, mais finalement, elle ne le fréquente pas beaucoup ; elle a seulement déjà été à l'hôpital. Ses deux points d'attache sont la Pension et Metz, et elle ne passe pas tellement de temps dans la zone entre les deux. Il y a les transports en commun, tout ce qu'il faut, le quartier est bien comme il est, il lui suffit. D'autres résidents fréquentent la Maison de Quartier, mais pas elle. Une fois, elle a été à la Fête des voisins. Mais elle a déjà beaucoup d'activités à la Pension de famille ! Tous les mardis, elle va voir une de ses amies à Metz. Cette vie-là lui plaît bien, elle est bien entourée, ça lui permet de ne pas rester seule. Tout lui convient, et à moins qu'elle rencontre quelqu'un, il n'y a pas de raison qu'elle s'en aille.

La Balade Urbaine Numérique lui a apporté beaucoup de choses, étant donné qu'elle utilise habituellement sa voiture, elle a aimé l'explorer à pieds. Elle a vraiment pu découvrir la Maison de quartier, ainsi que le Square Fénelon, et des choses sur l'urbanisme comme l'utilité de certains matériaux (le gravier pour aider l'évacuation des eaux de pluie par exemple). Sur son dessin d'immeuble, elle a mis plein de verdure, en bas et aux balcons, et des jardinières. Elle ajoute, qu'il serait vraiment primordial de refaire la route à proximité de la Pension, qui est trouée, abîmée.

Madame M. réside elle aussi Chemin Saint Anne, à la Maison relais Pension de famille. Cela fait 3 ans qu'elle habite à la Pension de famille, avant, elle habitait à Moyeuvre Grande, dans un studio. Elle n'avait pas de compteur à gaz, elle payait à son voisin du dessus, et les installations dans la salle de bain ne fonctionnaient pas bien. Le propriétaire devait faire des travaux pour rénover le logement, ajouter un compteur, mais n'était pas pressé de le faire. Elle a été voir une assistante sociale par rapport à ces problèmes, et a précisé qu'elle cherchait aussi plus grand pour pouvoir accueillir sa fille de 13 ans, pour l'instant placée en foyer. L'assistante sociale lui a proposé de faire une demande auprès de l'association ATHENES pour qu'ils l'aident à trouver un logement. En 2 mois, après un passage de son dossier en commission, elle a obtenu un appartement à la Pension de famille, un F2. Le logement lui convient bien pour l'instant, car sa fille peut venir la voir le week-end. Elle y dort du vendredi soir au dimanche. Michèle, elle, dort dans le salon toute la semaine : la chambre est réservée exclusivement à sa fille.

Elle s'entend bien avec presque tout le monde à la Pension, avec les hôtes et les voisins. Elle prend le bus pour aller au GEM Théo, une association qu'elle fréquente et qui est située en centre-ville. Elle a déjà été à l'hôpital. Elle fait ses courses avec d'autres résidents de la Pension de famille, en voiture. De temps en temps, elle se promène dans le quartier, elle va à la piscine, elle emmène sa fille au Square Fénelon, ou au centre-ville à France Loisirs pour lui acheter des livres puisqu'elle aime bien lire. Sa fille ne connaît personne dans le quartier de la Côte des Roses.

Sur son dessin, elle a représenté un toit pentu : elle préfère les toits des maisons aux toit plat des HLM. Elle a coloré les volets en brun, a ajouté des balcons et les a protégés avec du verre, comme pour faire de petites vérandas. Elle a ajouté des fleurs, des chaises et des tables. De cette manière, les balcons seraient véritablement équipés, fréquentés et agréables. Elle a choisi des couleurs naturelles, du vert et du brun, pour rappeler la nature, les arbres. Il y a un bâtiment qui lui plaît bien sur le quartier, qui ressemble à une maison, un pavillon : c'est celui de l'IME Vert Côteaux. Il est assez bas, et fait un angle. Il y a des terrains derrière, et avec le GEM Théo ils y entretenaient leur propre jardin !

Madame K. habite pour sa part le quartier depuis 6 ans. Avant elle habitait à Briey. Elle habitait un F3, dans une belle résidence, assez propre. Elle a suivi son fils qui avait trouvé un travail d'agent de sécurité à Thionville. A Briey, le seul problème était le bus, il n'en passait presque pas. Les transports en commun sont quand même plus pratique à la Côte des Roses, ils lui permettent de se déplacer partout. De temps en temps, elle aime se balader dans le quartier, ou jusqu'au centre-ville. Le Square Fénelon est un bon lieu de rendez-vous pour se retrouver, et discuter.


Madame N. habite le quartier depuis 25 ans, elle a bien pu observer les changements. Avant, elle habitait à Verdun et ne regrette pas son logement là-bas. Elle habite Rue du Faisan.

Le logement en lui-même, sa position et la belle vue dont elle bénéficie lui conviennent bien. C'est plutôt l'environnement qu'elle remet en question. Elle parle beaucoup de jardins, de verdure, de couleurs naturelles. Comme beaucoup d'habitants, elle y voit un moyen de rendre le quartier plus agréable à vivre. Les bâtiments récents sont trop sobres, sans couleurs, et les blocs trop longs empêchent la circulation. Il n'y a pas non plus de bancs. Selon elle, ces endroits ne sont pas conçus pour être investis. Le cadre est très agréable mais il n'y a pas d'équipement pour que les gens en profitent ! En fait, il y a plein de beaux endroits dans le quartier, mais elle a l'impression qu'ils n'ont pas été faits pour être fréquentés ! L'accès des gens n'a pas toujours été bien pensé. Entre les nombreux étages et les bâtiments à contourner, ça encourage les gens à rester chez eux, à regarder depuis leur balcon, plutôt qu'à descendre, investir le quartier, échanger avec les voisins et y créer une véritable vie collective. Hormis l'école où les gens se croisent en déposant et récupérant les enfants, et la Maison de quartier qui organise des rendez-vous, des ateliers, l'environnement n'est pas pensé pour favoriser les rencontres.

Les changements les plus récents sont positifs, mais pour elle ce n'est pas suffisant. En plus, les changements successifs au niveau des logements et de leurs occupants font que la vie de groupe n'existe plus vraiment. Heureusement que les structures socioculturelles de proximité sont là, pour rassembler encore les gens ! Pour se déplacer, elle utilise sa voiture. Mais elle ajoute qu'il y a aussi plein de choses positives dans le quartier, et dans la ville en général : l'hôpital, des commerces, bientôt un marché, et les transports en commun. Il y a aussi la Moselle, et les rives qui ont été aménagées et qui sont très agréables. Il y a un parc en face du Centre de loisirs avec quelques équipements sportifs, pour la musculation, qui est sympa.



- Mon quartier idéal :

Lors de l'atelier de restitution, les participants ont également pu se prêter à un petit exercice avec Guénaëlle : imaginer son quartier idéal en projetant en dessin ce qui pourrait être apporté à l'urbanisme (verdure, balcons, bancs, etc.). Voici ce qu'ils ont imaginé :


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