Jennifer Ramond et Pierre Ciccia: un autre regard sur la ville

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Jennifer Ramond a vingt trois ans et est originaire de Toulouse. Elle a vraiment découvert la ville au hasard d’un stage à l’office du tourisme, qu’elle effectuait dans le cadre de ses études de communication à Nancy en 2008.

A l’office, l’ambiance et les méthodes de travail lui plaisaient tellement que, quand la directrice, Madame Capanna lui a proposé un C.D.I à l’occasion du départ d’une des hôtesses d’accueil, elle a décidé de s’installer à Thionville.

Ses compétences graphiques lui ont permis de prendre en charge la réalisation des affiches de l’office et elle travaille avec le sentiment d’être libre et responsable car elle s’est vu confier également le service des visites guidées. C’est un vrai défi mais elle a appris à se préparer et quand elle guide les visiteurs, elle est vite à l’aise avec les gens.

Elle gère les visites tout au long de l’année et choisit les guides en fonction du public qui demande une visite : par exemple, pour un groupe de retraités davantage porté sur l’histoire, elle appellera Pierre Ciccia.

L’accueil des visiteurs lui permet de s’extraire de son travail graphique et l’activité de guide l’a réconciliée avec l’histoire. Elle qui était un peu fâchée avec les dates, a découvert en plongeant dans l’histoire de la ville, que celle-ci se prêtait bien aux légendes et qu’elle recèle mille détails qui rendent vraiment vivante la visite des monuments.

Jennifer part du principe que les gens suivent le guide pour passer un bon moment et qu’elle se doit de leur laisser un agréable souvenir de la ville. Une des exigences de ce métier est de laisser ses problèmes dehors et d’offrir un accueil des plus chaleureux. Elle représente l’office et reçoit les visiteurs avec le sentiment de faire correctement son travail et d’appartenir à une équipe soudée ce qui lui permet de réagir avec sérénité quand parfois elle doit affronter la mauvaise humeur passagère d’un visiteur.


Concordia.jpg la ville vue du restaurant panoramique le Concorde Office.jpg réunion à l'office avec "Pietro" le guide.

Si Jennifer s’est posée un temps à Thionville c’est parce que c’est une ville à taille humaine où on n’a jamais le sentiment d’être enseveli : on peut facilement se déplacer à pied d'un endroit à un autre, le centre piétonnier invite à la promenade et il est facile de se lier avec les gens.




Jennifer et Pietro nous racontent la ville

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Pierre Ciccia était encore capitaine de l’armée de l’air quand il redécouvrit Thionville.
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Il était alors chef du bureau du recrutement de la Lorraine nord et participait au grand rassemblement de montgolfières organisé par la ville et M. Buron Pilâtre, les Ballons de Lumières de 2003. Avec son équipe, il avait installé place Malraux un Mirage 2000, désarmé, que les passants et les enfants des écoles pouvaient visiter pendant une semaine.

Il n’avait que dix sept ans et demi quand il perdit son père en 1975 et se trouva obligé de choisir un métier pour soutenir sa famille. Il se rêvait steward ou encore professeur de lettre mais entra dans l’armée de l’air comme secrétaire au service des ressources humaines en pensant qu’à vingt et un ans il pourrait revoir ses choix. Mais le travail et l’ambiance lui convenaient et il décida de faire carrière dans l’armée. Il a ainsi parcouru le pays de base en base pendant trente deux ans avant de décider que le moment était venu pour lui de partir.

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"pietro" dans les rues de la ville.

En 2003 il avait rencontré la directrice de l’office du tourisme de la ville, Manuela Capanna, à un forum des métiers et déjà s’était ouvert à elle de son désir de travailler dans le domaine du tourisme.

Son expérience de six ans à la tête du service de recrutement l’avait mis en contact avec beaucoup de gens et d’institutions et il en avait gardé le désir de travailler avec le public. Ainsi, à la fin de son service actif il devint guide de la ville. Depuis le printemps 2007 il arpente les rues de la ville pour montrer ses beautés cachées aux visiteurs et aux gens du cru car son but est de les obliger à lever les yeux et à découvrir ce qui était toujours là et qu’ils ne voyaient pas.


Pierre Ciccia adore l’histoire et tout ce qui a trait au quotidien de nos ancêtres le passionne car les détails comme l’invention des numéros de rue, le ramassage des ordures grâce au préfet Poubelle, la création du tout à l’égout, évoquent puissamment les conditions de vie des temps passés.

L’histoire est un puzzle qu’il aime reconstituer par recoupements : par exemple, le lien de la ville avec Louis XlV qui reçu en quelque sorte Thionville en dot à son mariage avec l’infante Marie Thérèse par le traité des Pyrénées qui mit fin aux hostilités avec l’Espagne en 1659.

Mais ce qui lui tient à cœur c’est la vie des petites gens qui font la grande histoire. Les serfs étaient véritablement pris entre l’église et le seigneur. Et, quand au moyen-âge, le comte de Luxembourg accorde une chartre de franchise à Thionville, les habitants lui doivent encore l’usage de leurs bras pour la moisson les labours et les semailles et un certain nombre d’hommes de guerre : c’est une servitude déguisée.


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les rues de Thionville dans les années 50. archives de la ville.

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vue de la ville sans l'immeuble du concorde


« La ville noire » qu’était Thionville dans son adolescence a fait place

à une ville agréable où les gens aiment se promener. Les façades

ont été refaites, et les voitures qui encombraient le centre et cachaient l

les vitrines autrefois ont disparu.

Et quand on a vécu comme lui dans des villes sans parcs ni espaces verts, la ville actuelle a un charme irrésistible.