Marie Dobbelaere, le temps de réfléchir

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Marie Dobbelaere vit à Gand en Belgique. Elle a vingt ans et fait des études pour travailler dans le social. L’année dernière elle a fait un stage à Bruxelles chez Pigment, une association très créative dont le travail de lutte contre la pauvreté a été salué par un prix de 20000€.

Travailler à Bruxelles cela veut dire parler français et si Marie a appris la langue à l’école, elle a besoin de se perfectionner.


Aussi cette année, pour son stage elle a cherché une institution en Wallonie mais sans succès. L’école supérieure Artevelde[1] avait des connections, mais directement en France, pas en Belgique même.


Deux langues c’est une richesse mais en Belgique, les choses se compliquent dès qu’il faut discuter les lois et les gouvernements finissent par tomber. Pourtant la séparation avec les wallons ne changerait rien à la vie de tous les jours mais il y a de moins en moins de solidarité entre les deux parties du pays.


En lien avec son école, c’est donc l’IRTS[2] de Ban St Martin qui envoie Marie au Fomal[3] de Thionville pour un stage de quatre mois.

Marie au Fomal

Là elle côtoie les résidents[4] du centre d’accueil en tâchant de les aider pour les petites choses. Le plus important est d’installer une relation informelle comme parler avec eux sans relation hiérarchique. Mais pour les résidents[5] ce n’est pas facile d’être dans un endroit pour recevoir de l’aide. Ils ont besoin qu’on les envisage comme des êtres humains avant tout. Le travail de Marie est de gommer cette dépendance des résidents envers le travailleur social. Elle porte d’abord son attention sur ce qui va bien dans la vie des résidents pour leur permettre de développer le pouvoir qu’ils ont sur leur vie et les amener à faire les choses eux-mêmes.


Son expérience en France l’a sortie de son monde. A Gand elle vit avec des gens qui ont eu la même éducation et le même genre de problèmes. Dans le foyer universitaire où elle habitait pendant son stage, il n’y avait pas de français et les gens venaient du monde entier. Elle a réalisé que pour ceux qui venaient d’Afrique par exemple et qui vivent avec 200€ par mois, la vie est trop chère ici. Leur ferveur religieuse l’a aussi étonnée, elle allait à la messe chaque semaine avec une amie du foyer.

Sinon en France, il y a toujours des problèmes avec les papiers. Rien que pour son dossier d’inscription on lui a demandé le compte de téléphone portable de son père, son salaire, un relevé d’électricité. En Belgique on n’est pas aussi exigeant et on n’est pas contrôlé plusieurs fois de suite par la police comme elle a pu le voir en se promenant dans les rues de Metz avec un ami noir.

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Marie a toujours vécu avec ses parents et elle avait l’habitude de faire toujours beaucoup de choses sans avoir de temps pour réfléchir. Marie appartenait à un groupe jeune et nature et pendant deux ans elle était responsable de l’organisation des activités. Il fallait trouver une activité par semaine, éditer un petit journal tous les trois mois et créer une bonne atmosphère entre les équipes pour que chacun puisse dire ce qu’il pense. Les membres étaient tous amis mais il fallait gérer les réunions de façon stricte et ne pas se perdre en paroles mais poser des actes.


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Vivre seule lui a permis de changer son regard sur le monde et d’être contente des petites choses qu’elle arrive à réussir. Elle ne connaissait personne et le fait de toujours avoir à parler à des gens qu’elle ne connaît pas a été comme un défi : se prouver à elle-même qu’elle est « Marie », se forcer à parler ou bien rester seule, même si c’est difficile d’exprimer ses sentiments dans une langue étrangère.

centre ville de Gand