Monique Azegagh: de la difficulté de transmettre ses valeurs

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Monique Azegagh est « référente-famille » et coordinatrice au C.L.A.S, centre de loisirs et d'animation sociale de Guénange, dont la présidente est madame Siegwarth et la directrice madame Meunier. Elle a bien voulu répondre à quelques questions sur que représente pour elle « la frontière » dans le cadre du tournage d’un film réalisé pour le festival du « Réel en vue »


Guénange, à cinq minutes de Thionville Guénange.jpg


Ce qui vient en premier à l’esprit de Monique, c’est l’image de voisins entre eux qui vont se barricader en montant une jolie murette ou en mettant des haies partout, pour bien montrer que c’est chacun pour soi.

Mais la frontière, c’est aussi celle des classes sociales.

Quelqu’un sans argent pourrait exceller dans un domaine qui restera hors de portée d’un riche : en aura-t-il les moyens ? On est quand même à bout quand on ne comprend pas pourquoi on est si différent des autres : on ne l’accepte pas. Donc certains réagissent par la violence.

Vingt ou trente ans en arrière Monique aurait été plutôt révoltée. Maintenant, elle se dit que malheureusement, on est dans un monde où il faut avancer en essayant de ne pas se mettre de barrière.

Il faut essayer de trouver et de prendre le meilleur de chacun parce qu’il y a du bon chez tout le monde.

Devant l’injustice, elle a plus de retenue qu’avant, elle ne va pas exploser mais plutôt essayer de comprendre. Si c’est dans son entourage, elle discute avec la personne pour tenter de lui montrer une autre façon d’agir : le fait de discuter fait avancer les choses. Monique aime bien écouter, cela lui apporte et lui apprend beaucoup. Et c’est de manque de dialogue et d’écoute que souffrent les gens.

Parfois dans son travail quotidien elle se demande « ils cherchent quoi » et pourquoi les gens sont-ils si pressés?

C’est tout petit qu’il faut apprendre à vivre ensemble : à l’école, au club de sport, partout, un simple bonjour, un merci, un sourire, effacent les barrières. Monique a grandi avec les valeurs que lui ont inculqué ses parents et ses grands-parents : il faut les perpétuer pour ne pas les oublier.

Elle se souvient de sa jeunesse et des distractions simples qu’elle partageait avec ses amies et elle a peur que les nouvelles générations aient peu à partager entre l’internet et les jeux informatiques. Elle se demande aussi si elle ne se met pas elle-même inconsciemment des barrières en se raccrochant à des valeurs qui la rassurent. Peut-être qu’à leur manière les enfants d’aujourd’hui bannissent les frontières car il y aura toujours des générations de révoltés.

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Elle a quitté l’adolescence et c’est leur vie à eux dont il s’agit. Mais elle n’aime pas voir les gens malheureux autour d’elle, elle ne veut pas les voir gâcher leur vie. Car c’est eux qui devront s’occuper des plus âgés bientôt. Et sans se voiler la face, il faut constater la frontière qui sépare de plus en plus les générations d‘aujourd’hui et les personnes âgées.

Encore une fois, si on n’inculque pas à l’enfant dès le début des valeurs de tolérance et de respect des plus anciens, il grandit dans le manque de ses origines et de son passé. Il vit, il travaille, il a quelques amis et s’offre quelques loisirs mais il n’a plus envie de s’embarrasser de toutes ces notions banalisées à ses yeux.

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l'équipe de tournage du "réel en vue" quitte les locaux où est hébergé le CLAS de Guénange.

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