Patricia Auger: l'humanité passe par l'autre

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Portail.jpg Patricia Auger est membre du service diocésain de la pastorale des migrants.

Parmi ses missions à la paroisse Notre-Dame, elle coordonne les cours de français destinés aux nouveaux arrivants dans la région depuis bientôt deux ans.

Ces gens arrivent le plus souvent dans des conditions très difficiles à Metz où ils se signalent à la préfecture pour être enregistrés comme demandeurs d’asile. Ils entrent alors dans le fichier Eurodac. Les conditions d’inscriptions sont simples mais inflexibles : il ne faut pas avoir entamé de procédure de demande d’asile dans un autre pays de l’Europe de Schengen car sinon, le demandeur est immédiatement renvoyé vers le pays où s’est fait ce premier passage. Ensuite les gens sont dirigés vers le 115, le dispositif d’urgence sociale qui les répartit sur les trois centres d’accueil de demandeurs d’asile de la région, les C.A.D.A.[1]: centres d’accueil des demandeurs d’asile qui se trouvent en Moselle à Rosselange, Forbach et Fameck. Pour palier le manque de place, le 115 dispose aussi d’hébergement en hôtel. A Thionville ce sont le Top hôtel, la Licorne et le Progrès qui ont passé une convention avec le 115 et reçoivent les demandeurs d’asile pour un coût moyen de 35 € par couple et par jour. Un couple avec deux enfants occupe deux chambres et revient par exemple à 70€. Ce qui est plus cher que l’accueil en C.A.D.A.

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La demande d’asile se fait à l’O.F.P.R.A.[2] l’office français des réfugiés et des apatrides. Si elle est déboutée, un recours est possible auprès de la C.N.D.A., commission nationale du droit d’asile. Dès leur arrivée, les demandeurs d’asile sont orientés au centre d’aide des solliciteurs d’asile de Moselle, le C.A.S.A.M[3] et reçoivent une allocation de quatre euros par personne et par jour versée en bons alimentaire-hygiène.

Il est souvent difficile d’établir la dangerosité des situations qui poussent les gens à fuir leur pays surtout quand ces pays sont déclarés « pays sûrs » par l’Europe : pour cette raison par exemple, un réfugié de Bosnie aura du mal à justifier sa situation alors que son père resté au pays est menacé tous les jours par des miliciens qui cherchent son fils.

Patricia a déjà accompagné quelques personnes à la C.N.D.A[4] et a rencontré leur avocat avec elles. Elle les soutient dans leurs démarches multiples qui sont un vrai « parcours du combattant ».

Elle veille aux conditions d’hébergement dans les hôtels et tente d’apporter un soutien moral aux familles. Elle essaie de démêler l’écheveau des institutions sensées s’occuper de cette population pour obtenir de meilleures conditions, comme par exemple, le lavage du linge qui n’est pas pris en charge partout et complique la vie quotidienne de ces familles déjà si précaire.


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Les cours de français sont dispensés bénévolement par des enseignantes retraitées, Mesdames Anne-Marie Foulon, Marie- France Fattore, Marinette Klein et Mariette Wehr. Ces cours trouvent largement leur place dans la prise en charge des demandeurs car c’est un cercle vicieux mais ces gens sans papiers ne peuvent bénéficier de cours officiels tant que l’asile ne leur a pas été accordé.

Dans cette période critique où la France essaie de juguler le flux des réfugiés par tous les moyens, il y a en ce moment un millier de personnes en transit dans le département et des femmes et des enfants enfermés au centre de rétention de Metz.


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A l’initiative de R.E.S.F[5], réseau éducation sans frontière, des gens se rassemblent en Cercles de silence, pour exprimer par leur présence muette leur désapprobation des mesures de durcissement prises par le gouvernement actuel. A Metz, où le maire a participé à la première de ces manifestations, c’est tous les 30 du mois de 18 à 19 heures place d’Armes. Exceptionnellement le 26 mai, ce sont les 140 cercles de France qui se sont réunis en même temps dans tout le pays[6].


Cours de Français Langue Etrangère à la paroisse St-FRançois[[7]]