Patricia Scherschel, le temps des enfants

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Madame Scherschel est Meurthe-et-mosellane, mais elle est arrivée en Moselle à l'âge de 1 an. En 1960 son père a été embauché à la fonderie chez Sollac. Ils emménagent alors au 4 rue Boileau. Puis à la petite ferme Schweitzer, rue Château Jeannot et enfin au 1 rue Racine en 1976. En 1981, Madame Scherschel, alors Iung, se marie et emménage au 13 rue Molière pour 2 ans, pour revenir ensuite au 1 rue Racine dans un appartement plus grand, puisque sa famille comprend alors 3 enfants !

Madame Scherschel se souvient de son enfance avec plaisir. Ce qui l'a marqué c'est qu'il y avait beaucoup d'enfants. Au moins 3 enfants par foyer, rien que pour la rue Boileau. « C'était très gai et tout se passait bien » nous précise-t-elle. Ses souvenirs sont marqués par des choses qui ont disparues, comme le magasinier de la rue Boileau où il y avait 2 ou 3 employés qui venaient faire les réparations chez les gens : « Ils râlaient car les gens venaient les solliciter à n'importe quelle heure » Elle se rappelle également d'un petit garde en Sollex : « On se faisait tuer quand on avait les pieds sur la pelouse. » Elle nous raconte que personne ne s'appelait par son nom, chacun avait un surnom, comme ces quatre garçons qu'on surnommait “les daltons“. La vie tournait autour des jeux de gosses de la rue Boileau : tourniquet, balançoires, toboggans... A partir de 1980, beaucoup ont grandi et c'est devenu n'importe quoi, nous explique-t-elle. Elle a vu la montée du racisme, la croissance du chômage et l'apparition d'un certain trafic.

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Tout le monde se connaît à la Côte des roses et c'est ce qui est difficile aujourd'hui, car il y a régulièrement des décès d'anciens du quartier. Son papa est décédé au 1 rue Racine, alors quand l'entrée a été démolie ça lui a fait particulièrement mal au cœur. Mais très vite elle se remémore les bons moments, comme les enfants qui cassaient les vitres de l'entrée lorsqu'ils “faisaient les cons“. Ils allaient alors voir Monsieur Martin, lui donnaient les sous pour qu'il remplace la vitre rapidement et ne dise rien aux parents. « Les gens s'engueulaient parfois, mais après c'était bon... » souligne-t-elle. Aujourd'hui, les rapports ont changé. Selon elle, il n'y a plus de communauté. Elle regrette la fermeture du “8 à huit“ : « Tout le monde se rencontrait. C'était la place publique. »

Madame Scherschel est mitigée lorsqu'on aborde la question des travaux de rénovation. « La Côte des roses sera toujours la Côte des roses » nous dit-elle. Elle trouve qu'il y a plutôt un manque de réactivité générale auquel il serait aussi important de remédier. Que ce soit dans le ramassage des déchets, les petites réparations ou la concertation sur les travaux. Quand on lui demande ce qui, pour elle, a le plus changé, elle nous répond les voitures. Il n'y avait pas autant de voitures avant. Petit à petit ce sont aussi les parkings qui se sont développés, au détriment des espaces verts. En plus, ça ne suffit pas, constate-t-elle : à certains endroits, les voitures sont garées sur les trottoirs, ce qui rend les rues plus dangereuses pour les enfants.

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En 2004, Madame Scherschel a déménagé au 8 impasse Corneille, puis a fait l'objet d'un relogement pour cause de démolition et habite depuis 2010 rue du Picvert. Elle est contente du nouveau logement, même si les petits travaux prévus ne sont pas effectués. Elle nous dit que les services de Batigère ont changé : « c'était mieux avant! » Elle ne comprend pas pour quoi les mentalités des gens changent, alors qu'elle, comme sa maman avant, a toujours été ponctuelle pour régler son loyer. « Enfin, on rigole... » précise-t-elle, comme pour nous dire qu'il pourrait y avoir plus grave.

Enfin, elle a vu des gens partir du quartier et finalement revenir car, tout compte fait, ce n'est forcément mieux ailleurs. Ce que souhaiterait juste Madame Scherschel, c'est que le quartier redevienne plus convivial, « un peu comme un petit village. »

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