Florent Iriti - rester en mouvement

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Florent Iriti vit à Thionville, il a vingt quatre ans et il écrit. Il publie un roman destiné aux quinze trente ans aux éditions Baudelaire, un récit à énigmes : suspicions hâtives [1].


Florent travaille actuellement à l’OPH de Thionville où il s’occupe de saisie informatique et de classement, mais c’est dans son emploi précédent qu’il a pris la décision d’écrire. Il travaillait vraiment dans de mauvaises conditions. Le patron avait changé et le nouveau ne le considérait pas bien et ne voyait pas pourquoi il se serait donné la peine de le payer ! Alors il s’est demandé «  c’est ça ta vie ? » Et là, Florent a eu envie d’en finir avec son sentiment de ras-le-bol et de commencer enfin à vivre quelque chose.


Mais quoi faire pour gagner un peu de respect ? Finalement c’est assez simple : Florent a envie d’écrire depuis longtemps, il a des idées et se lance alors dans un premier récit.
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Cela va l’aider à quitter ces années de souffrance qu’ont été l’enfance, la séparation de ses parents et l’école. Florent a toujours su que quelque chose n’allait pas pendant toutes ces années mais rien ni personne n’est venu répondre à ses questions. Aucun psy n’a su reconnaître ce qui le rendait différent.


Ce n’est que passé vingt ans qu’il comprend en voyant un documentaire télévisé que son problème a peut être un nom. Le film montre une jeune femme mannequin pas comme les autres : elle est atteinte du syndrome d’asperger [2]

Florent est enfin orienté vers le Centre de Ressources Autisme de Nancy qui confirme le diagnostique[3]:

Il souffre d’une forme d’autisme qui se caractérise par des problèmes de relations mais sans déficience de langage et de l’intelligence. Ce jour là, il est enfin rassuré car il a toujours craint d’avoir quelque chose de plus grave.

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Toute sa vie il a été moqué pour ses tocs ou sa maladresse. Mais le plus pénible est de se faire traiter de menteur et de fainéant quand on n’y peut rien. En réussissant ce qu’autour de lui personne ne fait, écrire un roman et le faire publier, il est non seulement fier mais content de vivre cette expérience : maintenant il sait que, s’il en a envie, il peut se lancer dans autre chose parce qu’il a la force que donne la réalisation d’un rêve. Plus d’insultes, plus de quolibet, après tout ce qui s’est passé, il tient enfin du concret. Plus d’« à quoi bon…à quoi ça sert », mais « pourquoi pas ? T’es capable ». Aujourd’hui, il croit en lui-même.



Florent avec Brigitte Lambert, au sel de l'OPH de Thionville pour son interview



Ses romans ont la forme d’enquêtes et il aime bien plonger ses personnages dans des environnements extrêmes. Il a bien essayé d’écrire une histoire d’amour mais ce qui lui plait vraiment c’est de mettre ses personnages dans des situations où ils comprennent la nécessité d’être plus humble et raisonnable face à la réalité.

Ses livres commencent à se vendre et il fait tout ce qu’il faut pour se faire connaître : il ne suffit pas d’écrire, après il faut chercher un éditeur, il en a contacté sept, deux ont répondu, dont le bon. Il faut aussi assurer la promotion des livres et Florent peut dire qu’il a fait ce qu’il fallait pour ça.




Sans vouloir changer la face du monde et sans vouloir être pris pour un porte drapeau de l’autisme, il est content de pouvoir montrer que malgré son syndrome, il travaille, il écrit et il est publié. Le syndrome d’asperger a du mal à être reconnu en France et pourtant une personne sur cent cinquante est concernée.



Florent regrette qu’il lui ait fallu attendre vingt deux ans pour être fixé sur son propre cas et qu’il n’ait pas pu être diagnostiqué plus tôt à l’école, par de simples tests. Cela lui aurait évité d’entendre « votre fils est un menteur…votre mère est une conne ».


Aujourd’hui, Florent, même s’il a besoin d’être entouré, est autonome et il apprécie son travail à l’OPH. Son premier roman qu’il avait préféré garder pour lui est sur le point d’être édité à son tour. Ce qu’il écrit plait et a rencontré son public. Florent fait enfin quelque chose qui a du sens et qui peut donner de l’espoir aux autres : il ne se laissera plus rabaisser.


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