Mon année roumaine

De Wikithionville
Aller à : navigation, rechercher
Roum.jpg





Originaire de l’ouest de la France et Thionvilloise d’adoption depuis 6 ans, Hélène Froment a aussi posé ses valises en Roumanie où elle a séjourné et travaillé pendant un an. Elle nous raconte cette expérience.

J’avais 22 ans en 2001 lorsque j’ai rencontré pour la première fois des jeunes Roumains qui étaient accueillis en France dans le cadre d’un échange culturel géré par une association de mon village.


Le jumelage de mon village avec ce village roumain (Lipnitza) existait depuis 1989 (chute de Ceausescu), d’abord pour apporter une aide humanitaire, puis ensuite pour favoriser des échanges culturels et professionnels.




Roum1.jpg




Beaucoup de jeunes que nous avons accueillis parlaient français (la langue vivante 1 qu’ils étudiaient) et cette rencontre m’a donné envie de partir dans leur village.


Un intervenant est venu nous parler du SERVICE VOLONTAIRE EUROPEEN ouvert à tous les jeunes européens entre 18 et 27 ans.

C’est comme le programme Erasmus des étudiants mais pour les jeunes professionnels.

J’ai demandé à y participer.



(Pour info sur le SERVICE VOLONTAIRE EUROPEEN cliquer [1])


En 2002 nous avons fait une première visite pour voir quel projet on pouvait mettre en place là-bas.

Puis en septembre 2003, j’ai eu l’agrément pour partir avec le SVE.

Je suis d’abord partie avec quatre jeunes de mon village. Nous devions animer un centre de loisirs avant que l’école ne reprenne (la rentrée est courant septembre en Roumanie).


Roum22.jpg



Il fallait développer l’activité car les personnes en charge ne connaissaient pas le fonctionnement des centres de loisirs. Ce genre de structure existait dans les grandes villes, mais pas dans les villages.

J’ai le BAFA, j’avais déjà une expérience d’animatrice et de directrice de centre.


Je voulais partager mon savoir-faire, mes connaissances dans ce domaine.

J’avais besoin de donner aux gens car on avait tissé des liens et j’avais vraiment aimé l’accueil que l’on avait reçu lors de notre première visite.




Après quinze jours, les trois autres Français sont partis et je me suis retrouvée seule pour une année scolaire (c’est la durée que j’avais choisie) pour travailler auprès des enseignants. J’avais pris quelques cours de roumain à Angers avant de partir, les bases. J’arrivais à comprendre ce qu’ils disaient puis j’ai appris sur place avec les expressions du village, avec les enfants, par imprégnation, j’ai appris à écrire et à lire le roumain. Et l’enseignante avec laquelle je travaillais parlait français.


Roum9.jpg



Mon travail en maternelle consistait à proposer des activités manuelles, à enseigner des chansons en français, à organiser des jeux, puis en primaire des jeux aussi, des activités pour enseigner le français.


L’après-midi je travaillais avec les collégiens pour chanter, monter des spectacles en français.





Roum10.jpg




Les trois niveaux étaient dans la même école, il y avait une centaine d’élèves en tout.






On a aussi mené une correspondance par mail avec une classe en France, un CM1/CM2. Les élèves roumains n’avaient pas du tout la même vie.

C’était une vie de village dans une bourgade de 1000 habitants. A l’époque il y avait une seule route goudronnée, la route principale où j’habitais.


Roum12.jpg Roum11.JPG Roum13.JPG


Roum15.jpg



On trouvait quelques épiceries, un boulanger, pour les autres courses on m’emmenait à la ville voisine (Baneasa) car je n’avais pas de voiture.

C’était un environnement rural, des agriculteurs, des fermes avec des cultures de maïs, de blé, des porcs, des troupeaux de moutons, de chèvres.



Roum16.jpg L’alimentation était assez semblable à la nôtre. Un des plats typiques était le mamaliga, une sorte de polenta.


Roum17.jpg



Mes collègues enseignants aussi avaient un jardin, un porc, des poules , pour se nourrir, pour compléter leurs salaires.

J’habitais une maison jaune qui appartenait à une petite mamie, elle avait un jardin, j’ai vu tuer le cochon !

J’avais une bourse pour vivre, donnée par le SVE et le village recevait une subvention pour me loger.






J’ai peu visité sinon pendant les week-ends et les petites vacances où j’allais au bord de la mer noire à 100 km.

Les jeunes font leurs études là-bas, les parents et amis leur rendent visite, ils ont un pied à terre, il y a des mini bus qui font le trajet.


Roum2.jpg Roum3.jpg Roum20.jpg



Je me suis liée d’amitié avec une jeune enseignante qui arrivait dans le village, elle débutait dans le métier, on avait le même âge.

Elle aussi était logée chez l’habitant à côté de chez moi. J’avais de bons rapports avec tous mes collègues, avec mes voisins, si j’avais besoin d’œufs par exemple, on m’en donnait.

J’ai peu croisé les parents d’élèves, tout simplement parce que les enfants venaient à l’école seuls, à pied. C’est un village, il n y avait pas d’insécurité.

Rom23.jpg


Quand je suis rentrée en France, j’étais fière de moi, de mon expérience. Je suis revenue avec un état d’esprit positif, et j’apprécie plus le confort que nous avons ici, je n’ai plus envie de me plaindre ! Là-bas, il y avait des coupures d’électricité parfois, et il fallait mettre du bois dans le gros poêle en faïence pour faire chauffer l’eau !

Et je suis revenue bilingue ! La gendarmerie de Mayenne a même fait appel à moi comme interprète à une occasion. J’ai continué à travailler auprès des enfants, entre autres pour un centre d’adaptation implanté dans un collège avec un jeune élève roumain pour l’aider à apprendre le français.


J’ai gardé des contacts avec mon amie, avec les enseignants, certains enfants, une élève qui est maintenant étudiante en français, Andrea, que j’ai retrouvée sur Facebook, elle m’a parlé en français.

La situation a évolué depuis mon séjour. La Roumanie fait maintenant partie de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 2007. Pendant mon dernier voyage, j’ai vu des scooters dans le village, plus de voitures, on en voyait peu en 2003…


Roum18.jpg
Roum19.jpg


Je termine avec un souvenir qui m’a marquée : un jour de décembre, au moment de Noël, un convoi humanitaire était venu d’Angleterre avec dans le camion des boites pour les enfants. Chaque famille anglaise avait préparé une boite remplie de petits présents pour chaque enfant. Et ça m’a fait plaisir de voir les enfants, le bonheur dans leurs yeux !!





.