Rénovation de la Banane

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Le quartier des Basses-Terres s'est vu bouleversé par plusieurs changements ces dernières années, en particulier au niveau des logements. Il faut dire que certains immeubles sont anciens et ne sont pas aussi confortables que les nouveaux appartements qui s'implantent un peu partout au centre-ville. Depuis 2011, c'est la rue Christophe Colomb qui est sujette à ce genre de travaux, notamment « La Banane ». Ce bâtiment, surnommé ainsi par les habitants de la ville à cause de sa forme courbée et de sa taille considérable, faisait partie de ces immeubles dont les appartements n'étaient plus en règle.

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Des premiers travaux en 1987

Construit au début des années 60, la Banane n'en est pas non plus à sa première rénovation. En 1987, les façades ont été repeintes, les sols ont été changés, les cuisines et les salles de bains on été refaites, des portes plus sécurisées ont été installées et l'électricité a été remise aux normes. Marisia Fassbender, qui a emménagé à la Banane en 1984, trois ans avant les travaux, se souvient : « Avant, les salles de bain étaient blanches avec un carrelage en mosaïques rouges et jaunes. Après, elles étaient en couleurs ».


Porte d'entrée actuelle


Nouvelle rénovation dès 2011

En décembre 2011, de nouveaux travaux ont commencés dans le secteur de la Banane. Leur but était d'améliorer la qualité de vie des résidents, non seulement au niveau des logements, mais aussi au niveau de l'espace. L'opération finale était déjà annoncée avant même que les premiers chantiers ne soient mis en place: le bâtiment sera divisé en trois.

Le bailleur social Batigère avait établi avec la ville de Thionville les objectifs à atteindre pour ce projet. Ces travaux consisteront, d'une part, à démolir la Banane à deux endroits différents, et d'autre part, à rénover les appartements de l'immeuble.

Ce sont les blocs du 10/12 de la rue Christophe Colomb qui ont été détruits, ouvrant ainsi deux passages directs entre la place Roland et l'avenue Douai. La démolition a débutée en février 2012 pour se terminer le 24 avril 2012 en fin d'après-midi. Finalement, ce sont 30 logements qui ont été vidés et donc 120 personnes relogées aux alentours.

Neuf F6 ont été restructurés en dix-huit T2. Le double vitrage a été installé dans chaque appartement. Les chantiers étaient censés se terminer en septembre 2012 avec la création d'une aire de jeux pour les enfants et d'un parking. Aujourd'hui, si les logements terminés et réoccupés depuis longtemps, les ouvriers sont toujours en plein travaux autour du bâtiment. « Et ce n'est pas prêt d'être fini! », s'exclame Marie-Louise Mathis, une des plus anciennes résidentes de la Banane. Grâce à la rénovation, Marie-Louise a pu quitter son F3 au troisième étage pour un T2 au rez-de-chaussée, qui donne sur l'autre côté de la rue. Adapté à ses pratiques quotidiennes, ce nouvel appartement lui convient davantage. « Je n'ai plus de baignoire, j'ai une douche maintenant. » Quant à la nouvelle vue qu'elle a sur le quartier, « ce n'est pas comparable! ».

Au total, la facture s'est élevée à 900 000€ pour la démolition et 4 100 000€ pour les rénovations et les nouveaux aménagements, soit un total de plus de 5 millions d'euros pour ces travaux. Un budget considérable que la ville ne regrette pas d'avoir payé pour le bien-être et le confort de ses habitants.


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L’Âge d'Or

« La Banane aura connu son âge d'or » publiait un journal régional en décembre 2010, énonçant ainsi la fin d'une ère pour ce bâtiment dont le surnom restera ancré dans les esprits des habitants du secteur.

Il est vrai que si une rénovation est synonyme de recommencement, elle annonce aussi une fin. L'immeuble est considéré comme le « centre névralgique du quartier des Basses-Terres » (Républicain Lorrain – 23/4/10), il a donc, de toute évidence, une place très forte dans le quartier. Quand les travaux ont commencés, les résidents ont directement ressenti le changement. Si la plupart des habitants étaient satisfaits de voir leur quartier se moderniser, plusieurs d'entre-eux restaient sceptiques. «  Ouais, c'est chouette ce qui est en train de se faire. Enfin, ça a l'air, on verra quand ce sera fini. » (Républicain Lorrain – 23/4/10) disait l'un des habitants du quartier, il y a trois ans, quand l'annonce de la rénovation a été faite.

Il faut dire que les résidents de la Banane se sentaient abandonnés par leur ville ces dernières années. Le quartier n'avait plus connu de travaux depuis 1987. Cette mise à l'écart n'a pourtant pas été négative, au contraire. Un lien solide s'est formé entre les résidents de l'immeuble. Les voisins sont devenus bons amis. Malheureusement, ce lien n'est plus présent aujourd'hui.

Avec un sourire nostalgique, Marisia Fassbender se souvient de l'époque où la vie de quartier était encore présente. Cela a commencé dès la construction de la Banane. L'immeuble a été bâti en deux parties, la première en 1960 et l'autre en 1961. C'est cette même année que l'école primaire des Basses-Terres a vu le jour. Cette naissance jumelée a créée avec elle un rapport fusionnel entre l'école primaire et les résidents de la Banane. Il y a encore quelques années, les parents qui faisaient partie de l'APE (Association des parents d'élèves) étaient pratiquement tous issus de la Banane. « L'école était le centre du quartier ». Les enfants des locataires étaient dans la même classe, ils grandissaient ensemble, ils devenaient amis. Les parents, quant à eux, profitaient des heures de cours pour se retrouver, boire le café et discuter. Au fil des ans, les liens se soudaient sans se détériorer. « Ma fille a gardé des amis dans le quartier », confie Marisia, entre deux anecdotes, « la vie de quartier était présente dans le temps, elle l'était encore à la génération de nos enfants ». Tout le monde se connaissait, les résidents de la Banane formait une communauté, une famille.


La fin d'une époque

Dans les villes de taille importante comme Thionville, les appartements sont nombreux, les travaux se multiplient, les locataires aussi. Dans le quartier des Basses-Terres, en revanche, le fonctionnement est différent, on a davantage l'impression de pénétrer dans un petit village. La Banane illustre bien ce sentiment. Tout le monde se connait, les résidents s'appellent par leur prénom, les voisins se respectent, s'entre-aident... L'ambiance y est chaleureuse, alors que dans certaines logements du centre-ville, qui ne se trouve pourtant qu'à une dizaine de minutes à pieds du quartier des Basses-Terres, certains n'ont même jamais vu leurs voisins.

Mais avec la rénovation, cette communauté s'est désolidarisée. L'espace a évolué, les logements se sont améliorés, ils sont plus confortables. Au niveau matériel, c'est plus agréable de vivre au quotidien dans ces appartements réaménagés, mais au niveau social, ce n'est plus comme avant. La vie de quartier a disparue.

« Aujourd'hui, c'est plus individuel », déclare Marisia. Les dix-huit F2 qui ont été mis en place ont attirés son nombre de nouveaux résidents. « Avec les nouveaux, il n'y a aucune solidarité ».


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