Thionville sous l'Annexion

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Banderole allemande dans la rue de Paris. Le bureau de garnison, derrière la guérite, fut détruit en 1970, et voit à présent s'élever à sa place la Cour des Capucins.
Ami entends-tu

Le vol noir des corbeaux

Sur nos plaines.

Ami entends-tu

Les cris sourds du pays

Qu'on enchaîne.


Le Chant des Partisans



Contexte historique :

L'invasion de la Pologne

Le 1er septembre, la Pologne est envahie par Hitler. Les Allemands appliquent la tactique de la Blitzkrieg, dite de la guerre-éclair. Combinant les assauts des avions, des blindés ainsi que des fantassins, elle vise surtout à précipiter la chute du territoire envahi en un temps record. Et la vélocité de la Wehrmachtatteste de l'efficacité de la manœuvre. En quatre semaines à peine, la Pologne s'écroule. (1) Hitler et Staline, qui a fait envahir le pays par l'est, se partagent finalement les dépouilles de la Pologne.


La ruée à l'ouest

La Drôle de guerre, menée par les Anglais, les Allemands et les Français, respectivement retranchés derrière la Ligne Maginot et la Ligne Siegfried, est rompue le 10 mai 1940. Les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg voient la Wehrmacht se ruer à l'ouest. Alors que le généralissime Gamelin engage ses meilleures troupes en Belgique, le front français est percé dans les Ardennes. La Ligne Maginot n'y étend pas ses méandres, la forêt ayant été jugée trop hostile à la circulation de véhicules. Pourtant, les blindés allemands la traversent en trois jours. Le général Heinz Guderian opère une percée à Sedan, déjà marquée par la défaite de 1871. Il referme ensuite les tenailles de son piège, remontant au nord et forçant les armées françaises, avec le corps expéditionnaire britannique, à obliquer en direction de Dunkerque.


La Bataille de Dunkerque

Acculés à la Mer du Nord, Français et Anglais sont miraculeusement accueillis par les bateaux britanniques dépêchés par Churchill. Alors qu'ils y embarquent, les Français retiennent les Allemands dans les faubourgs de Dunkerque, au prix de très lourdes pertes. Et lorsque les soldats du Reich investissent la plage, les navires ont déjà pris le large. Même les avions de la Luftwaffe, lâchés à la demande de Göring auprès du Führer, ne peuvent enrayer leur fuite. La victoire de Dunkerque soulève une vague d'enthousiasme en Allemagne. Hitler fait même de ce jour la fête nationale du pays, voulant commémorer, selon lui, la plus grande bataille de tous les temps.


L'Exode

Forte de ses succès, la Wehrmacht prend la direction du sud. Sur son passage, des millions de civils fuient. C'est l'Exode. Les Stukasde la Luftwaffe, redoutables chasseurs-bombardiers célèbres pour leur précision mortelle, n'hésitent pas à tirer sur les populations. Leurs sirènes stridentes deviennent la terreur des routes de France.


Des populations en fuite
Les Français sur les routes


La Ligne Weygand

Nommé général en chef des armées françaises, le général Weygandforme une ligne de défense de la Somme, surnommée la Ligne Weygand. En dépit de la résistance française, les Allemands brisent la défense.


Paris, ville ouverte

Déclarée ville ouverte, la capitale est occupée par les Allemands. Bien vite, Pétainsollicite un armistice, le 17 juin 1940. Malgré l'appel du général de Gaulle à la résistance le 18 juin 1940, l'humiliant armistice entre en application le 25 juin 1940. Hitler aura tout fait pour rendre à la France la dégradation infligée à l'Allemagne à la fin de la Première Guerre Mondiale, déplaçant à cette attention le wagon de l'armistice. Le wagon sera par la suite emmené à Berlin, et dynamité par les SSà la fin de la guerre, alors que le Reich agonise.


Hitler descend les Champs-Elysées
Hitler devant la Tour Eiffel


L'armistice

Les conditions de l'armistice sont très dures. Par exemple :

  1. La moitié nord du pays et la côte atlantique sont occupées par les Allemands. On parle de zone occupée, en opposition avec la zone libre dont la capitale est Vichy. La ligne de démarcation les sépare toutes deux.
  2. La France doit entretenir les effectifs de la Wehrmacht sur place.
  3. L'Alsace et la Moselle sont annexées au Grand Reich.


Un crépuscule de quatre ans s'abat sur les territoires annexés.


Chronologie de Thionville dans la Seconde Guerre Mondiale :

1939

1 septembre

À 4h45 du matin, les Allemands envahissent la Pologne. Le premier coup de canon de la Seconde Guerre Mondiale, tiré par le cuirassé Schleswig-Holstein, est donné sur Dantzig. Les rumeurs de cette invasion arrivent à Thionville.


2 septembre

Dans les locaux de l'infirmerie du Lycée Charlemagne, les infirmiers brancardiers de Thionville établissent un poste de secours d'envergure. La mobilisation générale est décrétée.


3 septembre

Emboîtant le pas à son allié britannique, entré en guerre à 11h, la France déclare la guerre à l'Allemagne à 17h. Pour la première fois, Hitler, qui prédisait la passivité des démocraties occidentales, se trompe sur leur compte.


1940


9 mai

La Wehrmacht envahit le Luxembourg.


9 mai à 21h30

Le poste de commandement de la IIIème Armée Française est informé par le sous-préfet de Thionville, Albert Durocher, de l'invasion du Luxembourg.


10 mai

Alors que débute la Bataille de France, Thionville est évacué.


10 au 15 juin

Deux arches du pont de 1846 sont détruites par le génie militaire français.


18 juin

Charles Bourrat, préfet de la Moselle, et Albert Durocher, sous-préfet de Thionville, sont arrêtés.


26 juin

Nommé supérieur général des usines de Lorraine (y compris la Meurthe-et-Moselle), Hermann Röchling étend sa mainmise aux Hauts-fourneaux et aciéries de Thionville.


Été 1940

Les Allemands incendient sciemment la synagogue de Thionville, pourtant inaugurée le 19 août 1913. Le cimetière juif est profané par la même occasion.


8 août

Le chef de l'administration civile de Lorraine fonde, en vertu du décret du 8 août, sept caisses d'épargne d'arrondissement.


20 septembre

Il se tient un discours, à la salle Saint Maximin, du Kreisleiter Friedrich Weber.


Octobre

Des fermiers du Palatinatoccupent le domaine de Lagrange (commune de Manom).


Octobre

135 Thionvillois rejoignent les rangs d'un Standarte (Régiment) de SA.


Novembre

Le groupe 712 : Diedenhofen de la Hitlerjugend voit le jour.


Entre le 11 et le 21 novembre

Des Mosellans sont expulsés.


12 décembre

Constitué des arrondissements supprimés de Thionville-Est et de Thionville-Ouest, le cercle rural de Thionville est créé. À sa tête se trouve le Dr Becker, un Landkommissar. Le Kreisleiterveille à l'organisation du parti.


1941

21 mai

Le chef d'état-major de la SA, Viktor Lutze, visite la ville.


21 mai

L'Institut Notre-Dame de la Providence ferme ses portes. La chapelle est transformée en salle des fêtes. L'autel est remplacé par un piano. Les portraits des principaux dirigeants allemands supplantent les statues des saints.


Notre-Dame de la Providence
Institut Notre-Dame de la Providence

20 juillet

À 18h, la Place du Marché est envahie par les formations de la " Deutsche Volksgemeinschaft ".


28 juillet

Un prêtre de Thionville, Robert Berain, est expulsé.


27 octobre

Le Gauleiter Josef Bürckel visite la ville. Un défilé de la Wehrmacht, de la SS, de la SA et de la Hitlerjugend est organisé.


1943

Entre le 22 et le 24 janvier

Des Lorrains, lesquels manifestent leur attachement à la France, sont déportés. Les autorités allemandes déportent également leur famille.


5 septembre

Une section du NSDAP est créée à Thionville.


29 octobre

Le lieutenant de la Luftwaffe Kurt Mevissen signe le livre d'or de Thionville.


L'annexion de Thionville :

Le 18 juin 1940, consécutivement à la prise de Metz remontant à la veille, le préfet de la Moselle Charles Bourrat et le sous-préfet de Thionville Albert Durocher sont arrêtés.

Le préfet est remplacé par le Dr Rech. Dans les semaines qui suivent, l'administration, aussi bien sur le plan de l'organisation que du personnel, est germanisée.


Hitler viole la clause de l'armistice en rétablissant, le 17 juillet 1940, la frontière de 1914-1918. Les interventions du parti nazi, de la police ainsi que de la Wehrmacht perturbent le fonctionnement de l'administration civile.


À la date du 2 août 1940, Joseph Bürckel, alors commissaire du Reich pour la Sarre et le Palatinat, se voit nommer chef de l'administration civile en Lorraine (tel est le nouveau nom de la Moselle). Ses projets consistent à faire de la Lorraine une terre allemande, où expulsions et répression sont scrupuleusement appliquées.


L'allemand remplace le français dans les administrations le 10 septembre 1940.


Le 1er décembre 1940, le cercle rural de Thionville voit le jour.


La réglementation communale allemand est introduite à Thionville le 1er janvier 1941. Les cantons et les communes dites naines sont supprimés le 1er avril. Le nombre de communes mosellanes est ainsi réduit de 700 à 150. Le maire de Thionville devient l'Oberbürgermeister Ludwig Liebel. Quelque temps plus tard, la ville est rebaptisée Grossdiedenhofen.


Mairie
Soldat allemand devant la mairie de Thionville


Vivre sous l'Annexion :

Pendant l'Annexion, les Lorrains s'efforcent de résister, de manière ostensible ou passive, d'attendre et d'espérer. Oppressés, ils sont victimes de la xénophobie allemande. (2)


Les adieux à la France

Durant quatre longues années, alors que la Moselle est annexée au Grand Reich, aucune frontière n'existe entre Thionville et Berlin. En revanche, entre Thionville et le reste de la France, il en existe bien une, surveillée par des soldats et des douaniers. Pour désigner les " Lorrains d'ascendance allemande ", on parle de " deutschstämmiger Lothringer ".

Plus rien n'est français, sinon dans l'esprit des gens. À Thionville, la monnaie courante provient directement de la " Reichsbank ", les transports sont organisés par la " Reichsbahn " et les courriers distribués par la " Reichspost " portent des timbres à l'effigie d'Hitler. Des actes de naissance à ceux de décès, en passant par les cartes d'identité et les affiches, aucun n'échappe à la présence de l'aigle à croix gammée.

Timbre allemand
Timbre à l'effigie d'Hitler


La Lorraine devient même la " Westmark", la Marche occidentale du Reich.


L'absence de collaborateurs

En Lorraine, on ne trouvera jamais un collaborateur au sens propre du terme. D'ailleurs, l'idée de collaboration n'a été imaginable que lors des semaines consécutives à l'entrée des Allemands.

Malgré le douloureux armistice, la plupart des Lorrains n'exposent pas de revendications. Cela va pousser certains habitants à imaginer une possible entente entre la France et l'Allemagne d'Hitler.

Cependant, les velléités d'intelligence avec l'ennemi meurent en même temps que paraissent les premières affiches, lesquelles tendent à prouver l'attachement de la Lorraine à l'Allemagne. La méfiance que les avis éveillent n'est pas propice à une collaboration. Pour porter le coup de grâce aux possibles collaborateurs, les Allemands appliquent rapidement leur politique. Ainsi, expulsions, interdiction de parler français, de porter le béret basque (dit calotte juive) et ordres de se faire inscrire à une formation du parti se succèdent. Ainsi, les Allemands s'échinent à extirper de l'âme de la Lorraine les traces de son passé français.


Le martyre lorrain

Le martyre des Lorrains leur sera spécifique. Un martyre moral accentué par une annexion de quatre ans, une pression de l'ennemi, qui oscille entre injures et avances, une propagande intense, et surtout, la Gestapo.

L'incertitude embrouille les idées des Lorrains. Sont-ils encore français ou à présent annexés ? La vague des fonctionnaires allemands les submerge. Ils sont surveillés et épiés dans les villes lorraines, dorénavant peuplées de plus de 60 % d'Allemands. Le climat local empeste la délation. La méfiance est étendue à la totalité des habitants. Les gestes et les paroles des annexés sont surveillés, pouvant être utilisés comme un prétexte de sanction.

Les Lorrains sont embrigadés malgré eux. Obligés de fuir les convocations allemandes, ils sont victimes de la propagande, torturés par le fait de ne plus pouvoir lire aucune inscription en français.


La résistance

Dans ce climat, la résistance est difficile à organiser. Mais, à l'image des camps de la mort, elle parvient à percer, à se structurer. Spontanée et générale, elle implique, chez les résistants, le port d'une bague à croix de Lorraine, d'une punaise jaune au revers ou d'un crayon rouge dépassant de la poche. La résistance va jusqu'à aboutir, le jour où des foules entières réclament après des " Kreisleitung" leur renvoi en France, à la déportation de populations en Pologne.


Les catégories

En Lorraine, trois catégories de personnes se distinguent :

  • Les héros hostiles aux Allemands, avec les expulsés, les déportés et les maquisards ayant passé la frontière.
  • Les fourbes. Peu nombreux, ils acceptent néanmoins d'endosser un uniforme et d'accrocher un poignard au flanc, tentés par la politique d'expansion hitlérienne.
  • Les rescapés des rafles, des déportations et des expulsions, hostiles aux Allemands, attendant que ces derniers partent.


La Hitlerjugend en Lorraine

Le parti nazi, au service du Grand Reich, compte une formation pour chaque catégorie de personnes, un uniforme spécifique à un âge. Après l'annexion, l'inscription obligatoire des jeunes âgés de moins de dix-huit ans à la Hitlerjugend (la Jeunesse Hitlérienne) est décrétée en Lorraine. Cette adhésion implique le conditionnement de chaque jeune garçon et de chaque jeune fille.

Ainsi, chaque Lorrain embrigadé de force fait de son mieux pour se soustraire à la Hitlerjugend. Il conserve dans son esprit (et doit entre autres veiller à ce que cette idée ne dépasse jamais le stade de sa propre tête) la pensée que son enrôlement dans la Jeunesse Hitlérienne n'est pas volontaire. Il se garde bien de participer aux réunions, en dépit des avertissements de la direction et de la police. À la veille d'une parade, les jeunes Lorrains feignent la maladie. Au matin d'un défilé, ils se foulent sciemment la cheville. Ces ruses perdureront quatre années.

Invectivés par les Allemands de la Hitlerjugend, les Lorrains se font régulièrement insulter de " sale tête de français ", eux qui, au départ, ne comprennent pas le sens de ces mots.


Les écoles en Lorraine

Parmi les nombreuses victimes du changement, il faut aussi compter les jeunes Lorrains qui poursuivent leurs études. Pour eux, la situation est délicate. Aux yeux des Allemands, les plier à leur idéologie est un impératif.

La nouvelle doctrine ne manque pas de les piquer. Soucieuse d'incorporer les jeunes afin de les manipuler à sa guise, la Hitlerjugend se fait omniprésente dans les écoles. La pédagogie y est à la fois nazie et nationale. On y privilégie l'épanouissement des " corps sains ", puis le développement de la martialité, et enfin l'éducation scientifique. Le programme est d'ailleurs axé sur l'histoire de l'Allemagne ainsi que sur la biologie, avec une mise en évidence de l'influence de la " race " sur les " caractères génétiques ".

Dans les écoles, à la place du buste de Marianne ou du crucifix, le même cadre du Führer trône. Dans les couloirs s'alignent les portraits des Teutons, les citations à la faveur des Allemands et les affiches de propagande.

Systématiquement, aux débuts et aux fins des heures de cours, la classe clame Heil Hitler ! en tendant le bras et la paume. Aux rentrées et aux vacances, on salue devant le drapeau hissé au sommet du mât. Les professeurs sont salués le bras levé, tant à l'école qu'en-dehors de l'école.

Chaque classe compte un " Klassenführer " (un responsable de la classe), souvent l'élève au grade le plus élevé dans la Hitlerjugend, le plus paresseux mais aussi le plus brutal.

Dans les rangs, on parle de l' " ordre nouveau ". La SS recrute les plus âgés. De nombreux " Feier " (Feux) se tiennent dans la salle des fêtes de l'école (le plus souvent la chapelle transformée, comme il en a été le cas à l'Institut Notre-Dame de la Providence). Les discours tenus par les anciens élèves ou ceux du directeur passent avant les études.

C'est pourquoi les Lorrains, des quatre années qu'ils passent sur les bancs de l'école allemande, ne garderont que de faibles connaissances. Beaucoup, à vrai dire, ne peuvent assister au cours, leur langue maternelle, le français, ayant été interdite. Et même plus tard, les jeunes Lorrains, quand leur maîtrise de la langue allemande est acquise, ne bénéficient que de cours foncièrement raciaux. La " race germanique " est élevée parmi les autres. On dit même que le Maréchal Joffre a remporté la première bataille de la Marne uniquement parce que ses armées comptaient des effectifs germaniques, pour le peu que ceux-ci aient été wallons et lorrains.

Si les Lorrains parviennent à travailler, ils le doivent à leurs professeurs ayant osé se dresser devant les menaces de la Gestapo et critiquer la nouvelle politique scolaire. Les SS les considèrent comme les résistants les plus complets.


La radicalisation de l'enseignement

Au fil des années, le Reich, enlisé dans guerre mondiale, sombre dans la barbarie et la cruauté, en raison de ses défaites sur tous les fronts (à l'est, l'humiliation devant Leningrad, Moscou et Stalingrad; au sud, la défaite à El Alamein; dans le Pacifique, l'écrasement des alliés japonais à Midway).

Comme Hitler radicalise son pays, il fait radicaliser l'enseignement.


Qu'ils soient âgés de seize, de dix-sept ou de dix-huit ans, les écoliers gonflent les rangs de la " Heimatflak ", un échelon de protection. Comme des soldats, ils sont contraints, le jour, à effectuer des travaux de terrassement, tandis que, la nuit, ils passent leur temps à dormir en classe. Le proverbe devient même : " La Heimatflak n'a que deux réflexes : manger et dormir ". Les membres de la Heimatflak sont mobilisés plus tard dans le " Service du Travail ".


Pour venir à une conclusion, la politique scolaire allemande aura fait prendre un retard considérable dans les études des jeunes Lorrains. Au lieu de les enrichir, elle les aura abêti par des concepts raciaux et des idéologies haineuses.


La Hitlerjugend (ou Jeunesse Hitlérienne) :

Hitlerjugend
Des jeunes hommes enrôlés dans la Hitlerjugend

Hitler dit : " Je veux une jeunesse brutale, impérieuse, impavide et cruelle. "

Cela, les jeunes Lorrains s'efforceront de ne pas le devenir.


La première formation paramilitaire

Selon la volonté du Führer, toutes les associations et les organisations ont été dissoutes au profit de la Hitlerjugend. Celle-ci comprend les enfants " dignes de leur patrie ", les enfants chéris par le régime. De toutes les formations paramilitaires allemandes, il faut passer en premier par celle-ci.


Les services

À la Hitlerjugend, l'État accorde un équipement extrêmement sophistiqué. Lors de la Bataille d'Angleterre, les embrigadés sont nombreux à prendre place dans des avions miniatures, essayant de simuler des traques célestes impitoyables. La musique et le théâtre sont offerts par la Jeunesse Hitlérienne, mais aussi des cours, des excursions, des camps de vacances et de ski.


La propagande

Une propagande incroyable imprègne la Hitlerjugend, d'où l'habitude des embrigadés de porter un uniforme et un poignard au flanc. Mais elle consiste également en des affiches. L'une, d'ailleurs, montre deux jeunes hommes côte à côte, l'un blond et d'une beauté éblouissante, l'autre coiffé d'un béret basque et représenté en train de fumer. Une légende annonce " Jeune Lorrain, choisis ! "

Hormis ceux proposés par la Hitlerjugend, aucun loisir ne rythme la vie des Lorrains. Et de sport, les membres de la Hitlerjugend n'en manquent pas. Rompus à tous les exercices physiques, cela explique la détermination des dernières sections de la Jeunesse Hitlérienne dans les rues de Berlin envahie par les Russes, au crépuscule du national-socialisme.


La volonté d'Hitler

Hitler ne lasse pas de le clamer : " Je veux une jeunesse brutale, impérieuse, impavide et cruelle. La jeunesse doit être tout cela. Elle doit supporter la souffrance. Il ne doit y avoir en elle rien de faible ou de tendre. Le fauve libre et magnifique doit à nouveau briller dans ses yeux. Forte et belle : voilà comment je veux ma jeunesse. Elle pratiquera tous les exercices physiques. Je veux une jeunesse athlétique. C’est la première chose, et la plus importante. C’est ainsi que j’effacerai des millénaires de domestication humaine. "


L'effigie

Comme il y a une effigie aux travailleurs de l'URSS (Stakhanov), il y a une effigie aux embrigadés : Reinhard Heydrich.

Heydrich
Reinhard Heydrich



Et je vous dis que je veille et que j’ai abattu un homme d’Hitler.

Il est mort dans la rue déserte


Le veilleur du Pont-au-Change de Robert Desnos


Lettre originale du Procureur du Reich

Abschrift


Der Oberreichsanwalt beim Volksgerichtshof.

Gesch.Z.:6 J 138/44 (Bitte in der Antwort anzugeben)


Berlin W.9, den 28. Oktober 1944

Bellevuestraße 15.

Fernsperecher :


An den Herrn Vorstand des Zuchthauses in St. Georgen-Bayreuth.


Betrifft : Strafsache gegen Gaston Rock un Andere wegen Vorbereitung zum Hochverrat


Anlagen : 7 Ladungen,7 ZU.


In der vorliegenden Strafsache ersuche ich, die anliegenden Iadungen zu dem. am 9 November 1944, 9 Uhr vor dem 4. Senate des Volksgerichtshofs in Bayreuth Leonradstraße 15 anstehenden Hauptverhanlungstermin den in dortigen Zuchthaus in Untersuchungshaft befindlichen Angeklagten.


  1. Gaston Rock,
  2. Jacob Manich,
  3. Emil Rock,
  4. Karl Birenne,
  5. Karl Kimm,
  6. Franz Lamm,
  7. Alfred Klein


unter Beobachtung des § 216 Abs. 2 Satz 2 StPO. zustellen und die Zustellungsurkunde hierher gelangen zu lassen. Den Hernn Polizeipräsidenten in Bayreuth habe ich um Vorführung der Angeklagten zum Hauptverhandlungstermin ersucht. Die Gefangenen sind streng voneinander getrennet zu halten.


Auf Anordung Form. V. 46


Lettre traduite de l'allemand du Procureur du Reich

Lettre copie


Le procureur du Reich à la Cour de justice populaire

Dossier : 6 J 138/44 (À rappeler dans votre réponse)


Berlin, le 28 octobre 1944

Bellevustraße 15


Au directeur de la prison de Sankt Georgen-Bayreuth


Objet : Procédure judicaire à l'encontre de Gaston Rock et d'autres soupçonnés de haute trahison.


Pièces-jointes : 7 convocations


Dans la présente affaire pénale, je vous demande de faire parvenir la convocation ci-jointe aux accusés, dont le nom suit et qui se trouvent internés dans la maison d'arrêt. La convocation est fixée au 9 novembre 1944 à 9 heures devant le quatrième Sénat de la Cour de justice populaire de Bayreuth , Leonradstraße 15.


  1. Gaston Rock,
  2. Jacob Manich,
  3. Emil Rock,
  4. Karl Birenne,
  5. Karl Kimm,
  6. Franz Lamm,
  7. Alfred Klein


J'ai informé le chef de la police de Bayreuth quant à la présentation des accusés à la date fixée. Les accusés devront être strictement éloignés les uns des autres.


Par ordre (signature)


(Vu le 2 novembre 1944)


Au cœur de la ville impassible j’ai vengé mes frères assassinés

Au Fort de Romainville et au Mont Valérien,

Dans les échos fugitifs et renaissants du monde, de la ville et des saisons.


Le veilleur du Pont-au-Change de Robert Desnos


Pour consulter les articles sur la Libération de Thionville et l'héritage laissé par la guerre à Thionville, cliquez sur les liens : [1] et [2]



Dans ce camp morne et sauvage

Entouré de murs de fer

Il nous semble vivre en cage

Au milieu d'un grand désert.


Le Chant des Marais


Notes et références :

  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Thionville
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunesses_hitl%C3%A9riennes
  4. http://www.wikithionville.fr/index.php?title=Accueil


(1) Article Wikipédia sur la Seconde Guerre Mondiale

(2) Lettres de Lorraine et d'Alsace


Crédits photos : Archives de la ville de Thionville, Wikipédia et Wikithionville

Crédits documentation : SANTILLI Corentin & Archives de la ville de Thionville

Remerciement à LAGLASSE Dominique et à toute l'équipe des Archives municipales pour leur coopération à la création de l'article " Thionville sous l'Annexion "

Remerciement à TRITZ Rémy, professeur d'Allemand au Lycée privé Notre-Dame de la Providence à Thionville, pour sa traduction de la lettre.

Article initié par SANTILLI Corentin