Exposition "Matières érodées" de Marie-Jeanne Avgerinos-Keller

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L’exposition « Matières érodées » de Marie-Jeanne Avgerinos-Keller s'est tenue en mars 2013 à l’Espace InVitro à Thionville.

Ci-dessous des photos des œuvres exposées ainsi qu'un entretien avec Marie-Jeanne Avgerinos-Keller

(Vous pouvez également trouver sur Wikithionville une interview filmée de l’artiste faite l’an dernier lors de sa précédente exposition « En Passant » : En passant. Rencontre avec Marie-Jeanne Keller-Avgerinos)


La galerie de photos

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Extraits de l'entretien (Version intégrale disponible en fin d'article)

D’où vient le titre de votre exposition « Matières érodées » ?

Je ressens une émotion en voyant des choses érodées, que ce soit des matières dans la nature, le bois, les rochers, ou des vieux objets, des portes écaillées....

L’érosion pour vous, ce n’est pas négatif ?

Non, pas du tout, au contraire, c’est un peu un cycle de vie cette érosion, une sorte de mouvement, le mouvement du monde en définitive, que l’on retrouve dans les objets.


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Ces choses érodées, qui ont changé, vous les faites changer encore

  Non seulement je fais changer ces choses, mais c’est en définitive le processus de mon travail. Je commence sans savoir exactement où je vais, je me laisse guider, au fur et à mesure qu’il y a des choses qui apparaissent, j’observe ce qui se passe et à ce moment là je fais des choix. Il y a une histoire qui commence à prendre place entre la toile et moi.

Pouvez-vous faire la liste de tous les matériaux qui apparaissent dans votre exposition, une sorte d’inventaire à la Prévert ?

Peinture acrylique, encre, peinture à l’huile, des feutres, de la rouille, des acides, du plâtre, tulle, un bout de pneu, des feuilles de maïs, grillage, raphia, papier calque, paille, résine, plexiglas, fil de fer, bois, laine, plumes, papier cellophane, miroir, éclats de pare-brise, des vernis, du fil nylon... Je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi j’ai tellement de techniques différentes, pourquoi je ne reste pas à faire de la peinture, ce qui aurait de quoi m’occuper très largement, mais j’ai besoin d’autres supports pour travailler.


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Cette diversité, c’est venu spontanément ?

Au départ, j’ai commencé avec l’aquarelle et ce qui m’a plu, c’est ce qui se passait entre l’eau, le papier et la couleur, ça a été déclenchant du travail sur la matière. Ce ne sont pas des décisions a-priori. Parfois je me promène, je vois des choses, je les ramasse, je me dis « c’est pas mal ce matériau ».

Est-il important pour vous de montrer votre travail, pourriez-vous travailler sans ne jamais rien montrer ?

Quand j’ai commencé à travailler, ce n’était vraiment pas pour montrer. Puis j’ai participé à une exposition collective, j’ai trouvé intéressant le retour, les commentaires que j’ai eus sur mon travail.


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Vous passez beaucoup de temps avec les visiteurs de l’exposition, vous les accompagnez d’oeuvre en œuvre, vous expliquez votre travail

C’est une déformation professionnelle je pense, le côté pédagogique ! J’ai beaucoup de questions sur l’aspect technique de mon travail, les visiteurs sont très demandeurs sur ce point. Et ils me disent souvent que le fait de comprendre comment j’ai travaillé les aide à mieux comprendre le résultat de mon travail. Pour eux c’est un éclairage sur l’oeuvre Et il y a aussi des gens qui viennent et qui m’apprennent des choses sur mes toiles, sur mon travail. Exposer, c’est ça, il se passe des choses.


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Version intégrale de l'entretien

D’où vient le titre de votre exposition « Matières érodées » ?

Je ressens une émotion en voyant des choses érodées, que ce soit des matières dans la nature, le bois, les rochers, tout ça, ça m’interpelle ou des objets, des vieux objets, des portes écaillées....

D’où vient cette émotion ?

Ces choses ont traversé le temps, elles ont une individualité, elles existent, elles ont des signes particuliers : si on laisse deux bouteilles de plastique dehors, on en ressort deux objets totalement différents, chacun a son individualité, chacun aura eu des marques du temps. Je trouve difficile d’expliquer l’émotion, ça m’a toujours attirée en fait.

L’érosion pour vous, ce n’est pas négatif ?

Non, pas du tout, au contraire, c’est un peu un cycle de vie cette érosion, une transformation continuelle : il y a chaque fois des états différents et intéressants. C’est un déroulement physiologique aussi, une sorte de mouvement, le mouvement du monde en définitive, que l’on retrouve dans les objets : à la fois des choses qui bougent tout le temps et des choses qui sont éternelles. Et ça c’est assez déconcertant, c’est rassurant de les voir porter des signes et de savoir qu’elles seront là après nous.

Ces choses érodées, qui ont changé, vous les faites changer encore

  Non seulement je fais changer ces choses, mais c’est en définitive le processus de mon travail. Je commence sans savoir exactement où je vais, y compris quand j’ai une idée de ce que je voudrais faire : je m’aperçois au final que ce n’était pas l’idée de départ. Je me laisse guider, au fur et à mesure qu’il y a des choses qui apparaissent dans ce processus, soit de peinture, soit de matières que je mets en place. Il y a des choses qui se passent, j’observe ce qui se passe et à ce moment là je fais des choix. Il y a une histoire qui commence à prendre place entre la toile et moi, je suis cette histoire, j’ai des toiles qui ont subi de nombreuses transformations.

A quel moment jugez-vous qu’une œuvre est terminée, c’est un résultat esthétique atteint, plutôt une démarche qui arrive à son terme ?

C’est difficile à dire. En fait je me dis « là c’est fini, je ne peux rien ajouter et rien enlever ».

Pouvez-vous faire la liste de tous les matériaux qui apparaissent dans votre exposition, une sorte d’inventaire à la Prévert ?

Peinture acrylique, encre, peinture à l’huile, des feutres, de la rouille, des acides, du plâtre, tulle, un bout de pneu, des feuilles de maïs, grillage, raphia, papier calque, paille, résine, plexiglas, fil de fer, bois, laine, plumes, papier cellophane, miroir, éclats de pare-brise, des vernis, du fil nylon...

Il y a des matières érodées et d’autres qui ne le sont pas et tout ça se mélange

Il y en a que j’érode dans mon processus de travail. Je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi j’ai tellement de techniques différentes, pourquoi je ne reste pas à faire de la peinture, ce qui aurait de quoi m’occuper très largement, mais j’ai besoin d’autres supports pour travailler.

Cette diversité, c’est venu spontanément ?

Au départ, j’ai commencé avec l’aquarelle et ce qui m’a plu, c’est le contact de l’eau sur le papier, ça déjà, c’était un appel de la matière, ce qui se passait entre l’eau, le papier et la couleur, ça a été déclenchant du travail sur la matière. Ce ne sont pas des décisions a-priori, je suis appelée par différentes choses, attirée, comme le calque ou le bois de cagette pour l’exposition « En passant » ? Parfois je me promène, je vois des choses, je les ramasse, je me dis « c’est pas mal ce matériau ». Par exemple j’ai ramassé des feuilles de maïs, déjà, j’aime beaucoup ces champs qui ondoient, les feuilles m’ont attirée, leur forme, leur circonvolutions, je les ai peintes, séchées, plâtrées, j’ai fait beaucoup d’essai avant d’arriver à cette structure où je les ai peintes toutes en rouge, accrochées sur un support, un grillage et une fois cela terminé, c’est là que l’idée de la cage thoracique est venue, j’ai d’ailleurs appelé la structure « respire ».

Est-il important pour vous de montrer votre travail, pourriez-vous travailler sans ne jamais rien montrer ?

Je pensais que c’était concevable de ne jamais rien montrer : quand j’ai commencé à travailler, ce n’était vraiment pas pour montrer. Puis j’ai participé à une exposition collective de l’atelier de Danielle Lacrabère où je prenais des cours, et dans ce cas-là, on ne s’expose pas trop, on est encadré par les autres, mais en même temps j’ai trouvé intéressant le retour, les commentaires que j’ai eus sur mon travail. Après, il y a des concours de circonstance, des encouragements et c’est parti comme ça. L’exposition, c’est vraiment du travail, il faut choisir parmi tous les travaux et accepter ce que les gens disent, positif ou négatif, même quand c’est positif, ce n’est pas forcément ce que l’on s’attendait à entendre

Vous passez beaucoup de temps avec les visiteurs de l’exposition, vous les accompagnez d’oeuvre en œuvre, vous expliquez votre travail

C’est une déformation professionnelle je pense, le côté pédagogique ! J’ai beaucoup de questions sur l’aspect technique de mon travail, les visiteurs sont très demandeurs sur ce point. Et ils me disent souvent que le fait de comprendre comment j’ai travaillé les aide à mieux comprendre mon travail. Pour eux c’est un éclairage sur l’oeuvre.

On les voit quitter l’exposition heureux, ils ont partagé quelque chose pendant leur visite

Les visiteurs sont souvent en retrait, tout leur semble très abstrait, peut-être qu’expliquer les techniques rend les choses plus accessibles. Qu’il y ait une œuvre qui touche réellement quelqu’un, pour moi c’est déjà énorme. Le fait d’exposer, c’est ça aussi, se dire j’ai rencontré quelqu’un qui a la même joie, douleur, préoccupation, etc que moi et qui, à travers ce que j’ai moi-même voulu faire passer dans le tableau, l’a ressenti aussi, ça, c’est vraiment exceptionnel. Et il y a aussi des gens qui viennent et qui m’apprennent des choses sur mes toiles, sur mon travail. Exposer, c’est ça, il se passe des choses.